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TURPE 7 : ce qui change pour les entreprises en HTA et BT au 1er août 2026

Pylones haute tension du reseau de transport electrique - TURPE 7 acheminement pour les entreprises HTA et BT

TURPE 7 : ce qui change pour les entreprises en HTA et BT au 1er août 2026

Mis à jour le 10 juin 2026 — décryptage de l’évolution annuelle du TURPE 7 actée par la CRE le 21 mai 2026.

Le 21 mai 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié l’évolution annuelle des tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE). Au 1er août 2026, la grille TURPE 7 HTA-BT augmente en moyenne de +3,04 %, et la grille TURPE 7 HTB de +3,34 %. Pour une PME ou une ETI, le TURPE n’est pas une ligne anodine : il représente, selon les profils, 20 à 40 % de la facture d’électricité hors taxes. Une hausse de cet ordre se répercute mécaniquement sur le coût complet du kWh, que vous soyez raccordé en basse tension (BT) ou en haute tension catégorie A (HTA). Voici ce qui change concrètement, comment se décompose cette évolution, et les leviers à activer pour en limiter l’impact.

Pylones haute tension du reseau de transport electrique - TURPE 7 acheminement pour les entreprises HTA et BT

TURPE 7 : ce que change la délibération du 21 mai 2026

Le TURPE est le tarif réglementé qui rémunère l’acheminement de l’électricité sur les réseaux publics : le transport, opéré par RTE (réseau HTB), et la distribution, opérée par Enedis et les entreprises locales de distribution (réseaux HTA et BT). Il est fixé par la CRE et réévalué chaque année au 1er août, indépendamment du prix de l’énergie (la part « fourniture ») que vous négociez avec votre fournisseur.

Le cadre tarifaire en vigueur, le TURPE 7 HTA-BT, s’applique depuis le 1er février 2025. Il a été précisé par la délibération n°2026-33 du 4 février 2026 portant modification des tarifs d’utilisation des réseaux publics de distribution et de transport d’électricité (TURPE 7 HTA-BT et TURPE 7 HTB). C’est dans ce cadre pluriannuel que s’inscrit l’ajustement annuel du 1er août 2026 : il ne s’agit pas d’une nouvelle période tarifaire, mais de la mise à jour annuelle prévue par la formule d’indexation. Deux autres mouvements annuels sont d’ores et déjà attendus, au 1er août 2027 et au 1er août 2028.

Pour une entreprise, le point à retenir est simple : à partir du 1er août 2026, la part « acheminement » de votre facture d’électricité progresse de l’ordre de 3 %, et ce quelle que soit l’offre de fourniture souscrite. Comprendre le détail de cette facture est un préalable indispensable ; nous l’avons décortiqué dans notre guide sur les composantes de la facture d’électricité professionnelle.

Comment se décompose la hausse de +3,04 %

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La CRE ne fixe pas ce pourcentage de façon arbitraire : il résulte d’une formule d’indexation annuelle dont chaque composante est publique. Pour le TURPE 7 HTA-BT au 1er août 2026, l’évolution moyenne de +3,04 % se décompose ainsi :

  • +1,30 % au titre de l’inflation prévisionnelle hors tabac pour 2026 (indice des prix à la consommation) ;
  • −0,91 % au titre du rattrapage entre l’inflation réellement constatée en 2025 et l’inflation prévisionnelle hors tabac qui avait été retenue pour 2025 ;
  • −0,35 % au titre du coefficient annuel d’évolution propre à la distribution (il est de −0,05 % pour le transport, ce qui explique en partie l’écart avec le +3,34 % de la grille HTB) ;
  • +3,0 % au titre du coefficient de soldes du compte de régularisation des charges et des produits (CRCP), qui atteint son plafond pour Enedis comme pour RTE.

C’est ce dernier poste, le CRCP, qui pèse le plus lourd. Ce compte permet de réconcilier a posteriori les charges et les recettes réellement constatées des gestionnaires de réseaux avec la trajectoire prévisionnelle. Lorsque les recettes tarifaires perçues par Enedis et RTE se révèlent inférieures à la trajectoire prévue — c’est le cas pour cet exercice — le coefficient de rattrapage (dit « k ») monte, jusqu’à son plafond réglementaire. Résultat : malgré une inflation modérée et des coefficients d’évolution légèrement négatifs, le tarif d’acheminement repart à la hausse.

Dirigeant de PME analysant l'impact de la hausse du TURPE 7 sur sa facture d'electricite professionnelle

Impact concret : entreprises en BT et en HTA

L’effet de la hausse n’est pas uniforme selon votre puissance de raccordement et votre profil de consommation.

Entreprises raccordées en BT (≤ 36 kVA et BT > 36 kVA). Commerces, bureaux, PME tertiaires, ateliers de petite taille : la part acheminement est dominée par la composante de soutirage (la part « énergie » du TURPE) et par la composante de gestion et de comptage. La hausse de +3,04 % s’applique à l’ensemble de ces composantes. Pour un site tertiaire dont l’acheminement représente environ un tiers de la facture HT, l’effet net sur le coût complet du kWh est de l’ordre de +1 %, à consommation constante.

Entreprises raccordées en HTA. Sites industriels, logistique, grandes surfaces, ETI multi-sites : ici, la composante de puissance souscrite et les dépassements de puissance pèsent davantage. C’est précisément sur ces postes que se jouent les économies les plus importantes. Une puissance souscrite mal calibrée — trop élevée « par sécurité » ou inadaptée à la saisonnalité réelle de votre activité — se traduit par un surcoût d’acheminement permanent, que la hausse de 2026 vient amplifier. À l’inverse, des dépassements répétés génèrent des pénalités qui s’ajoutent au tarif de base.

Dans les deux cas, le TURPE est un coût subi en apparence, mais en partie pilotable : le tarif est réglementé, mais l’assiette sur laquelle il s’applique (puissance souscrite, structure tarifaire, version du tarif, plages horaires) dépend de vos choix. Nous détaillons ces mécanismes dans notre guide complet du TURPE et de l’acheminement.

Pourquoi le TURPE 7 et la délibération 2026-33 méritent votre attention

Beaucoup de dirigeants concentrent leurs efforts de négociation sur le seul prix de la molécule (le prix du kWh fourni), en oubliant que l’acheminement échappe à cette négociation tout en pesant lourd. Or trois raisons rendent le suivi du TURPE 7 stratégique en 2026 :

  • La trajectoire est haussière et pluriannuelle. Après le mouvement du 1er août 2026, deux nouvelles évolutions annuelles sont programmées en 2027 et 2028. Anticiper, c’est budgétiser correctement vos charges d’énergie sur plusieurs exercices.
  • Le levier d’optimisation est immédiat et sans risque. Contrairement à un changement de fournisseur, l’ajustement de la puissance souscrite ou de la version tarifaire ne dépend d’aucun marché : c’est une optimisation purement technique, réversible et applicable rapidement.
  • L’effet se cumule avec les autres postes réglementés. La hausse du TURPE s’ajoute aux évolutions de la fiscalité de l’électricité. Pour bien arbitrer, il faut lire la facture dans son ensemble — y compris la part fiscale, que nous traitons dans notre article sur l’accise sur l’électricité et les tarifs réduits pour les entreprises.
Optimisation du poste acheminement TURPE avec un courtier en energie pour une entreprise tertiaire

Les leviers concrets pour limiter l’impact de la hausse

Face à une hausse réglementée que vous ne pouvez pas refuser, l’enjeu est d’agir sur ce qui reste maîtrisable. Quatre leviers, par ordre d’impact pour une PME ou une ETI :

  1. Recalibrer la puissance souscrite. C’est le levier numéro un en HTA comme en BT > 36 kVA. Une analyse de votre courbe de charge sur 12 mois permet d’identifier la puissance réellement utile et d’éliminer la « marge de sécurité » payée à vide chaque mois.
  2. Vérifier la version tarifaire et les plages horaires. Le TURPE propose plusieurs structures (utilisation courte, moyenne, longue). Un site dont le profil a évolué (télétravail, nouvelle production, électrification d’usages) est souvent resté sur une version tarifaire devenue sous-optimale.
  3. Traquer les dépassements de puissance. Les pénalités de dépassement sont évitables : elles signalent presque toujours une puissance souscrite mal dimensionnée ou un défaut de pilotage des pointes.
  4. Intégrer le TURPE dans la stratégie d’achat globale. Lors d’un renouvellement de contrat, raisonner en coût complet (fourniture + acheminement + taxes) plutôt qu’au seul prix du kWh affiché. C’est tout l’objet d’un accompagnement par un courtier en énergie pour les professionnels.

Chez DYNAMIS, l’optimisation du poste acheminement fait partie intégrante de nos audits : nous analysons la courbe de charge, contrôlons l’adéquation puissance souscrite / consommation réelle et chiffrons l’économie atteignable avant tout engagement. Sur des sites HTA, le recalibrage de la puissance souscrite seul génère fréquemment plusieurs milliers d’euros d’économies annuelles, sans changer un seul kWh consommé.

Questions fréquentes sur le TURPE 7 en 2026

De combien augmente le TURPE au 1er août 2026 ?

Selon la délibération de la CRE du 21 mai 2026, la grille TURPE 7 HTA-BT augmente en moyenne de +3,04 % au 1er août 2026, et la grille TURPE 7 HTB de +3,34 %. Cette évolution annuelle s’applique à la part acheminement de la facture, indépendamment du prix de l’énergie négocié avec le fournisseur.

Pourquoi le TURPE augmente-t-il alors que l’inflation est modérée ?

L’inflation prévisionnelle 2026 (+1,30 %) et le rattrapage de l’inflation 2025 (−0,91 %) jouent peu. La hausse vient surtout du coefficient de rattrapage du compte de régularisation des charges et des produits (CRCP), qui atteint son plafond (+3,0 %) parce que les recettes tarifaires d’Enedis et de RTE ont été inférieures à la trajectoire prévisionnelle.

Qu’est-ce que la délibération n°2026-33 ?

Il s’agit de la délibération de la CRE du 4 février 2026 portant modification des tarifs d’utilisation des réseaux publics de distribution et de transport d’électricité (TURPE 7 HTA-BT et TURPE 7 HTB). Elle précise le cadre tarifaire pluriannuel dans lequel s’inscrit l’évolution annuelle appliquée au 1er août 2026.

Le TURPE est-il négociable pour une entreprise ?

Non, le tarif lui-même est réglementé et fixé par la CRE : il n’est pas négociable. En revanche, l’assiette sur laquelle il s’applique est pilotable. Recalibrer la puissance souscrite, choisir la bonne version tarifaire et éviter les dépassements permettent de réduire le montant total d’acheminement payé, sans changer de fournisseur.

Quel impact sur la facture d’une PME en basse tension ?

L’acheminement représente couramment 20 à 40 % de la facture d’électricité hors taxes. Pour un site BT dont l’acheminement pèse environ un tiers de la facture HT, une hausse de +3,04 % du TURPE se traduit, à consommation constante, par une augmentation de l’ordre de +1 % du coût complet. L’effet réel dépend de votre profil de consommation et de votre puissance souscrite.

Y aura-t-il d’autres hausses du TURPE 7 après 2026 ?

Oui. Le TURPE 7 prévoit des évolutions annuelles automatiques au 1er août de chaque année. Après le mouvement de 2026, deux nouvelles révisions annuelles sont attendues au 1er août 2027 et au 1er août 2028, selon la formule d’indexation définie par la CRE.

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La hausse du TURPE 7 est subie, mais l’optimisation de votre puissance souscrite et de votre version tarifaire, elle, est immédiate et sans risque. Les courtiers DYNAMIS analysent votre courbe de charge et chiffrent l’économie atteignable avant tout engagement.

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Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Sources primaires consultées le 10 juin 2026 : CRE, « La CRE publie l’évolution annuelle des tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité au 1er août 2026 » (délibération du 21 mai 2026) ; délibération CRE n°2026-33 du 4 février 2026 (Journal officiel, JORFTEXT000053653688). Mis à jour en juin 2026.

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