Publié en septembre 2026 — données TURPE 7 en vigueur au 1er août 2026.
Dépassement de puissance souscrite : ce que coûte la CMDPS et comment l’optimiser en 2026
Chaque mois, une ligne discrète peut alourdir la facture d’acheminement d’une PME ou d’une ETI : la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite (CMDPS). Elle sanctionne les appels de puissance qui dépassent la puissance que vous avez souscrite dans votre contrat d’acheminement. Mal calibrée, une puissance souscrite trop basse déclenche des pénalités récurrentes ; trop haute, elle vous fait payer un abonnement TURPE surdimensionné toute l’année. Entre les deux, il existe un point d’équilibre — et c’est précisément là que se joue une part sous-estimée de l’optimisation énergétique.
Cet article décrypte le mécanisme exact de la CMDPS tel qu’il figure dans la grille TURPE 7 en vigueur depuis le 1er août 2026, la différence de traitement entre les sites BT ≤ 36 kVA, BT > 36 kVA et HTA, puis les leviers concrets pour ajuster votre puissance souscrite au plus juste.
Qu’est-ce que le dépassement de puissance souscrite ?
Quand vous signez un contrat d’acheminement électrique, vous ne vous engagez pas seulement sur un volume d’énergie (les kWh), mais aussi sur une puissance souscrite (en kVA ou en kW) : la puissance maximale que votre installation est autorisée à appeler sur le réseau public de distribution. Cette puissance sert de base au calcul de la composante annuelle de soutirage du TURPE, l’équivalent de votre « abonnement réseau ».
Dès que la puissance réellement appelée par votre site dépasse la puissance souscrite, on parle de dépassement. Selon la grille Enedis, « Enedis s’efforce de répondre favorablement aux appels de puissance qui dépasseraient la puissance souscrite », mais ces dépassements sont facturés via la CMDPS. Autrement dit, le réseau ne vous coupe pas immédiatement (sur les sites puissants), mais il facture le surcroît de sollicitation.
Le point clé à comprendre pour un dirigeant : la CMDPS n’est pas une amende forfaitaire, c’est une composante proportionnelle à l’ampleur et à la durée des dépassements. Un pic bref et modéré coûte peu ; des dépassements répétés et importants peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par mois.
Qui est concerné : BT ≤ 36 kVA, BT > 36 kVA et HTA
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Le traitement du dépassement diffère radicalement selon le mode de raccordement de votre site :
- BT ≤ 36 kVA (petits sites tertiaires, commerces) : la puissance est contrôlée par un disjoncteur qui limite physiquement l’installation. En pratique, il n’y a pas de facturation de dépassement : si vous dépassez, le disjoncteur coupe. Le risque n’est donc pas une pénalité mais une coupure d’alimentation.
- BT > 36 kVA (PME, tertiaire moyen, petites industries) : la puissance appelée est mesurée en continu. Un dépassement est possible sans coupure, et il est facturé via la CMDPS sur la base de la durée de dépassement.
- HTA (industries, gros tertiaire, sites raccordés en moyenne tension) : la puissance est mesurée par pas de 10 minutes et le dépassement est facturé selon une formule quadratique qui pénalise plus lourdement les dépassements importants.
Précision technique pour les sites BT > 36 kVA dont le contrôle s’effectue sur la puissance active : la grille TURPE 7 indique que la puissance souscrite active est égale à la puissance souscrite apparente multipliée par 0,93. Un détail qui a son importance quand on cale sa souscription au plus près.
Comment se calcule la CMDPS en 2026 (formules officielles TURPE 7)
Les formules ci-dessous sont celles de la grille Enedis « Tarifs d’utilisation des réseaux publics de distribution d’électricité — TURPE 7 HTA/BT », en vigueur au 1er août 2026 (issue de la délibération CRE n° 2026-105 du 21 mai 2026).
Sites BT > 36 kVA : une facturation à la durée
Pour un site raccordé en BT au-dessus de 36 kVA, la CMDPS se calcule, pour chaque plage temporelle du mois, selon la formule :
CMDPS = 12,79 × h (€)
où h est la durée de dépassement de la puissance apparente souscrite, exprimée en heures, sur la plage temporelle considérée. Le coefficient de 12,79 €/h est fixé par la grille TURPE 7.
Exemple chiffré. Une PME industrielle raccordée en BT > 36 kVA connaît, sur un mois, un cumul de 20 heures de dépassement de sa puissance souscrite (pics de production répétés en journée). Sa CMDPS s’établit alors à : 12,79 × 20 = 255,80 € pour le mois. Répétée plusieurs mois, cette pénalité justifie largement une révision de la puissance souscrite.
Sites HTA : une formule quadratique qui pénalise les gros pics
Pour un site raccordé en HTA, la puissance est relevée par pas de 10 minutes et la CMDPS suit la formule :
CMDPS = Σ [ 0,04 × bi × √( Σ ΔP² ) ]
où ΔP est le dépassement de puissance en kW mesuré par pas de 10 minutes et bi le coefficient pondérateur de puissance propre à chaque plage temporelle (poste horosaisonnier). Deux enseignements pour un décideur :
- La présence d’une racine carrée de la somme des carrés des dépassements signifie qu’un gros dépassement ponctuel coûte proportionnellement plus cher que plusieurs petits : mieux vaut lisser ses appels de puissance.
- Le coefficient bi varie selon le poste : les dépassements en période de Pointe sont les plus pénalisés. Décaler un usage énergivore hors des heures de pointe réduit directement la facture. Les valeurs de bi sont publiées dans la grille tarifaire Enedis en vigueur.
Le plafonnement de la CMDPS : un droit méconnu
La grille TURPE 7 prévoit un mécanisme de plafonnement pour les sites BT > 36 kVA. Les utilisateurs dont la CMDPS mensuelle dépasserait à la fois :
- 30 % de leur facture TURPE mensuelle, et
- 25 fois le tarif de la puissance supplémentaire qu’il aurait fallu souscrire pour éviter tout dépassement,
peuvent, sur demande auprès du gestionnaire de réseau, obtenir le plafonnement de leur CMDPS du mois à la plus élevée de ces deux limites. Ce droit n’est pas automatique : il faut le solliciter. Un courtier qui pilote vos contrats surveille ce seuil et engage la démarche à votre place.
Comment optimiser sa puissance souscrite : 5 leviers concrets
L’optimisation de la puissance souscrite consiste à trouver le niveau qui minimise la somme « composante de soutirage annuelle + CMDPS ». Voici les leviers actionnables :
- Analyser sa courbe de charge sur 12 mois. C’est le point de départ : identifier la puissance réellement appelée, sa fréquence et ses postes horaires. Un site qui dépasse 15 heures par mois n’a pas le même arbitrage qu’un site qui dépasse 2 heures. Voir notre guide sur l’analyse de la courbe de charge en entreprise.
- Comparer le coût des dépassements au surcoût d’abonnement. Augmenter la puissance souscrite renchérit la composante de soutirage payée toute l’année. Si vos dépassements sont rares et concentrés sur un ou deux mois, il est souvent moins coûteux de payer la CMDPS que de sur-souscrire en permanence.
- Différencier la puissance par plage temporelle. Les tarifs à différenciation temporelle permettent de souscrire une puissance plus élevée sur les postes de forte activité et plus faible ailleurs, dans le respect de la règle Pi+1 ≥ Pi. C’est un levier puissant pour les sites à activité saisonnière.
- Lisser ou effacer les pics de puissance. Décaler le démarrage simultané d’équipements lourds, échelonner les process, ou mobiliser un dispositif d’effacement de consommation réduit les ΔP — donc la CMDPS, en particulier en HTA où la formule est quadratique.
- Réviser après tout changement d’activité. Nouvelle ligne de production, extension, électrification d’un process ou installation de bornes de recharge : chaque évolution modifie le profil de puissance. Si un dépassement structurel apparaît, il peut être plus judicieux de demander une augmentation de puissance de raccordement plutôt que de subir la CMDPS.
Pour resituer la CMDPS parmi l’ensemble des postes de l’acheminement, consultez notre décryptage des composantes du TURPE (soutirage, gestion, comptage) et notre guide complet TURPE et acheminement pour les entreprises. Les évolutions tarifaires du 1er août 2026 sont détaillées dans notre article sur le TURPE 7.
Le cas typique du dépassement saisonnier est la climatisation : dans le sud, un immeuble de bureaux, une clinique ou un commerce voit sa puissance appelée grimper de juin à septembre et déclenche des CMDPS sur trois ou quatre mois seulement. C’est un arbitrage que nous traitons régulièrement pour les entreprises de Montpellier et de l’Hérault, comme dans les autres agglomérations méditerranéennes.
L’accompagnement DYNAMIS
Chez DYNAMIS, nous analysons la courbe de charge et l’historique de puissance de nos clients PME et ETI pour caler la puissance souscrite au plus juste, arbitrer entre surcoût d’abonnement et CMDPS, et enclencher le plafonnement quand les conditions sont réunies. Sur des sites industriels multi-postes, l’optimisation de la seule puissance souscrite génère fréquemment plusieurs centaines à quelques milliers d’euros d’économies annuelles, sans le moindre investissement matériel.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la CMDPS sur une facture d’électricité professionnelle ?
La CMDPS (composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite) est une composante du TURPE facturée lorsque la puissance appelée par votre site dépasse la puissance souscrite dans votre contrat d’acheminement. Elle apparaît sur la part « acheminement » de votre facture et n’est due que les mois où un dépassement est constaté.
Combien coûte un dépassement de puissance souscrite en 2026 ?
Pour un site BT supérieur à 36 kVA, la grille TURPE 7 en vigueur au 1er août 2026 applique la formule CMDPS = 12,79 € × nombre d’heures de dépassement. Pour un site HTA, la formule est quadratique : CMDPS = Σ [0,04 × b(i) × √(Σ ΔP²)], où ΔP est le dépassement en kW par pas de 10 minutes et b(i) un coefficient par poste horosaisonnier fixé dans la grille Enedis.
Vaut-il mieux augmenter sa puissance souscrite ou payer les dépassements ?
Cela dépend de la fréquence des dépassements. Augmenter la puissance souscrite renchérit la composante de soutirage payée toute l’année ; si vos dépassements sont rares et concentrés sur quelques mois, payer la CMDPS revient souvent moins cher. Il faut comparer, sur 12 mois, le surcoût d’abonnement au montant cumulé des CMDPS. Cet arbitrage se fait à partir de la courbe de charge.
Peut-on faire plafonner la CMDPS ?
Oui, pour les sites BT supérieurs à 36 kVA. Si la CMDPS d’un mois dépasse à la fois 30 % de la facture TURPE mensuelle et 25 fois le tarif de la puissance supplémentaire qu’il aurait fallu souscrire, l’utilisateur peut obtenir, sur demande auprès du gestionnaire de réseau, le plafonnement de sa CMDPS à la plus élevée de ces deux limites.
Un site BT de 36 kVA ou moins peut-il subir un dépassement ?
Non, pas au sens facturé. Sur ces sites, la puissance est contrôlée par un disjoncteur qui coupe l’alimentation en cas de dépassement. Le risque n’est donc pas une pénalité CMDPS mais une coupure d’électricité, ce qui justifie de bien dimensionner sa puissance souscrite dès la souscription.
Votre puissance souscrite est-elle bien calibrée ?
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Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Sources primaires consultées le 2 septembre 2026 : Enedis, « Tarifs d’utilisation des réseaux publics de distribution d’électricité — TURPE 7 HTA/BT, tarifs en vigueur au 1er août 2026 » ; délibération CRE n° 2026-105 du 21 mai 2026. Mis à jour en septembre 2026.
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