Mis à jour le 27 octobre 2026 — données de marché à terme EEX relevées fin octobre 2026.
Depuis des semaines, le calendrier 2027 de l’électricité s’emballe : sur le marché à terme, le Cal 2027 (ruban de livraison sur toute l’année civile 2027) cote désormais autour de 117 €/MWh, contre environ 110 €/MWh une semaine plus tôt. Pour un dirigeant qui doit renouveler son contrat, le réflexe est de vouloir « bloquer » tout de suite. Sauf qu’en regardant la courbe à terme dans son ensemble, on découvre une situation très inhabituelle : 2027 est cher, mais 2028, 2029 et 2030 s’échangent sous 70 €/MWh. Cette divergence change complètement la bonne décision. Fixer uniquement 2027 au plus haut serait l’erreur la plus coûteuse de l’année.
Chez DYNAMIS, courtier en énergie pour les PME et ETI, nous arbitrons cette question tous les jours. Voici comment lire la courbe actuelle et ce qu’elle implique concrètement pour la durée de votre prochain contrat.
Ce que montre la courbe à terme fin octobre 2026
Le prix que paie une entreprise pour sa part « énergie » dépend du moment où elle fixe son prix sur le marché de gros. Les fournisseurs se couvrent sur le marché à terme EEX, où chaque année de livraison se négocie séparément. Voici l’ordre de grandeur des cotations en base (ruban) fin octobre 2026 :
- Cal 2027 : ~117 €/MWh — en forte hausse (environ +7 % sur la dernière semaine).
- Cal 2028 : ~69 €/MWh
- Cal 2029 : ~62 €/MWh
- Cal 2030 : ~63 €/MWh
Autrement dit, l’année de livraison la plus proche vaut près du double des années suivantes. Ce profil, où le prix rapproché est plus élevé que les échéances lointaines, s’appelle une situation de backwardation. C’est le signal que le marché anticipe une tension conjoncturelle et de court terme, pas une flambée durable.
À ne pas confondre avec les prix spot (marché du lendemain), qui tournaient autour de 150 €/MWh fin octobre : ceux-là reflètent la météo et la disponibilité du parc au jour le jour et ne sont pas ce que vous fixez dans un contrat pluriannuel. Pour situer votre propre facture face à ces niveaux, notre simulateur de facture d’électricité professionnelle décompose part énergie, acheminement et taxes.
Pourquoi 2027 est cher et 2028-2030 nettement moins
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La prime sur 2027 s’explique par des facteurs de court terme qui se dénouent ensuite :
- La tension sur l’hiver qui vient. Les marchés intègrent le risque d’un hiver froid, de tensions d’approvisionnement gazier en Europe et d’une disponibilité nucléaire imparfaite. Ce risque pèse surtout sur l’échéance la plus proche.
- Une détente attendue à partir de 2028. La montée en puissance des capacités renouvelables et le retour d’un parc nucléaire plus disponible font reculer les anticipations de prix pour les années suivantes.
- Un effet de calendrier. Plus une échéance est lointaine, plus elle intègre un retour vers un niveau « normal » de prix, loin des chocs ponctuels.
Pour les entreprises, la conséquence est directe : le gel des prix évoqué pour l’hiver ne les concerne pas. Il porte sur les tarifs réglementés des particuliers, dont les PME et ETI sont exclues. Un professionnel reste exposé aux prix de marché — et donc à cette prime sur 2027.
L’erreur classique : fixer uniquement 2027 au pire moment
Face à la hausse, beaucoup de dirigeants signent dans l’urgence un contrat d’un an sur 2027. C’est précisément la décision que la courbe actuelle déconseille : elle revient à cristalliser le point le plus haut de la courbe, sans profiter des années bon marché juste derrière.
Prenons une PME qui consomme 1 GWh (1 000 MWh) par an sur sa part énergie :
- Contrat 1 an (2027 seul) à ~117 €/MWh → ~117 000 € sur l’année de part énergie.
- Contrat 3 ans (2027-2028-2029), dont le prix lissé ressort autour de ~83 €/MWh (moyenne des trois calendaires) → ~83 000 €/an, soit près de 30 % de moins par an en moyenne.
Ces chiffres sont illustratifs — le prix réellement proposé dépend de votre profil de consommation (ruban ou profilé), de la part « pointe » et de la marge du fournisseur — mais ils montrent la logique : la durée longue permet de diluer l’année chère dans deux années bon marché. Signer court aujourd’hui, c’est payer le plus cher sans le moindre amortisseur.
Ce que la divergence change pour un contrat pluriannuel
Un contrat pluriannuel (2 ou 3 ans) ne fixe pas un prix unique : il agrège le prix de chaque année de livraison couverte. Quand la courbe est plate, l’intérêt d’allonger la durée est surtout de sécuriser. Quand la courbe est en backwardation marquée, comme aujourd’hui, allonger la durée fait aussi baisser le prix moyen. C’est un cas de figure favorable qu’il faut savoir saisir.
Deux arbitrages concrets se posent :
- 2 ans vs 3 ans : le passage de 2 à 3 ans ajoute une année (2029) très bon marché à la moyenne : il tire le prix lissé vers le bas. Tant que le Cal 2029/2030 reste sous 65 €/MWh, la durée 3 ans est généralement la plus efficace sur le prix moyen.
- Prix fixe vs prix indexé : un prix fixe pluriannuel verrouille ces niveaux bas sur 2028-2030. Un indexé laisse la porte ouverte à une baisse… mais aussi à une nouvelle hausse si l’hiver se tend. Sur un marché nerveux, la visibilité d’un fixe long a une vraie valeur pour un budget de PME.
Pour aller plus loin sur le choix de durée hors contexte de marché, voir notre guide contrat d’électricité 1, 2 ou 3 ans : comment choisir la durée, et notre analyse dédiée à la flambée du Cal 2027.
Comment décider pour votre entreprise
La bonne durée dépend de trois paramètres propres à votre site :
- Votre échéance de renouvellement. Si votre contrat court jusqu’à fin 2026 ou mi-2027, vous êtes contraint de couvrir au moins une part de 2027 au prix fort. Dans ce cas, allonger vers 2028-2029 est le seul moyen de faire baisser la moyenne. Pour le bon timing, voir quand renouveler son contrat d’électricité professionnel.
- Votre profil de consommation. Un site très « pointe » (industrie, forte saisonnalité) paie une prime supplémentaire sur l’énergie et a d’autant plus intérêt à lisser sur plusieurs années.
- Votre tolérance au risque budgétaire. Un dirigeant qui veut un budget énergie prévisible sur 3 ans a aujourd’hui une fenêtre rare : verrouiller 2028-2030 à des niveaux que le marché juge « normaux ».
Le rôle d’un courtier est précisément de capter le bon moment : comparer les offres de plusieurs fournisseurs sur chaque échéance, décomposer le prix lissé que chacun propose, et éviter que vous ne signiez un 1 an au sommet de la courbe par simple réflexe de prudence. C’est tout l’objet de notre accompagnement en courtage d’énergie pour les professionnels.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Cal 2027 (Cal27) en électricité ?
Le Cal 2027 est le prix sur le marché à terme d’un ruban d’électricité livré pendant toute l’année civile 2027. C’est l’un des repères que les fournisseurs utilisent pour construire le prix « énergie » de vos offres. Fin octobre 2026, il cote autour de 117 €/MWh en base, soit près du double des calendaires 2028 à 2030.
Pourquoi 2027 est-il bien plus cher que 2028, 2029 et 2030 ?
Parce que le marché anticipe une tension de court terme (risque d’hiver froid, approvisionnement gazier, disponibilité nucléaire) qui pèse surtout sur l’échéance la plus proche. Les années suivantes intègrent une détente attendue : plus de renouvelables, parc nucléaire plus disponible, retour vers un niveau de prix jugé normal. Cette configuration s’appelle la backwardation.
Faut-il signer un contrat pluriannuel maintenant ?
Si votre renouvellement tombe en 2026-2027, un contrat de 2 ou 3 ans est aujourd’hui souvent plus intéressant qu’un contrat d’un an, car il dilue une année 2027 chère dans des années 2028-2030 bon marché. La décision dépend toutefois de votre échéance, de votre profil de consommation et de votre tolérance au risque budgétaire : un courtier peut chiffrer le prix lissé réel de chaque durée.
Le gel des prix de l’électricité protège-t-il mon entreprise cet hiver ?
Non. Les dispositifs de gel ou de bouclier portent sur les tarifs réglementés des particuliers. Les PME et ETI en sont exclues et restent exposées aux prix de marché. C’est précisément pour cela que le choix de la durée et du moment de fixation est déterminant pour un professionnel.
Prix fixe ou prix indexé pour un contrat 3 ans ?
Un prix fixe pluriannuel verrouille les niveaux bas de 2028-2030 et donne une visibilité budgétaire sur trois ans. Un indexé peut profiter d’une baisse future mais expose à une nouvelle hausse si l’hiver se tend. Sur un marché nerveux comme aujourd’hui, beaucoup de PME privilégient la sécurité d’un fixe long pour verrouiller la partie bon marché de la courbe.
Le prix spot à 150 €/MWh signifie-t-il que mon contrat va coûter cela ?
Non. Le prix spot est le prix du marché du lendemain, très volatil selon la météo et la demande. Un contrat pluriannuel se construit sur les prix à terme (Cal 2027, 2028…), pas sur le spot. Le spot élevé d’un jour donné ne se répercute pas directement sur une offre à prix fixe.
Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Source : marché à terme de l’électricité EEX (cotations Cal 2027 à Cal 2030 relevées fin octobre 2026) — mis à jour en octobre 2026.
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La courbe à terme offre aujourd’hui une fenêtre rare pour verrouiller 2028-2030 à bas prix. Nos courtiers comparent pour vous les offres de plusieurs fournisseurs sur chaque échéance et chiffrent le prix lissé réel de chaque durée. Demandez une analyse gratuite de votre contrat d’électricité.
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