Mis à jour le 20 octobre 2026 — flambée du prix de l’électricité 2027 (Cal27) sur le marché de gros.
En l’espace d’une semaine, le prix de l’électricité pour livraison en 2027 a bondi de près de 13 % sur le marché de gros. Pour une entreprise qui doit renouveler son contrat d’ici l’hiver, ce mouvement n’est pas un détail : il se répercute directement sur la part « énergie » de la facture, c’est-à-dire celle que votre fournisseur achète sur les marchés et refacture dans votre prix du kWh.
Chez DYNAMIS, nous suivons quotidiennement les cotations à terme pour nos clients PME et ETI. Voici ce que disent les chiffres mi-octobre 2026, pourquoi la hausse se concentre sur 2027, et surtout comment arbitrer votre achat d’électricité sans vous tromper de timing.
+13 % en une semaine : ce que disent les cotations
Le produit calendaire « Cal27 » (électricité de base livrée toute l’année 2027) est passé d’environ 96,8 €/MWh à près de 109,6 €/MWh entre les relevés du 13 et du 16 octobre 2026 sur le marché à terme EEX, soit une hausse de l’ordre de 13 % en quelques séances. Le prix spot (livraison du lendemain) a suivi le même mouvement, confirmant une tension à court terme.
| Produit à terme (électricité base) | ~13 oct. 2026 | ~16 oct. 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Cal27 (livraison 2027) | 96,8 €/MWh | 109,6 €/MWh | +13,3 % |
| Cal28 (livraison 2028) | 60,3 €/MWh | 67,1 €/MWh | +11,3 % |
| Cal29 (livraison 2029) | 55,8 €/MWh | 60,6 €/MWh | +8,6 % |
| Spot (veille) | 196,0 €/MWh | 221,8 €/MWh | +13,2 % |
Source : cotations à terme EEX (base), relevés des 13 et 16 octobre 2026. Les prix de gros ne représentent que la part « fourniture » de votre facture, à laquelle s’ajoutent l’acheminement (TURPE), les taxes (accise, CTA) et la marge du fournisseur.
Cal27, Cal28… de quoi parle-t-on ?
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Quand votre fournisseur vous propose un prix pour 2027, il se couvre en achetant du « Cal27 » : un produit standardisé qui correspond à de l’électricité livrée en continu sur toute l’année 2027. Il existe aussi un Cal28, un Cal29, etc. Plus l’échéance est lointaine, plus le prix reflète une anticipation « normalisée » du marché ; plus elle est proche, plus elle intègre les tensions concrètes (météo, disponibilité du parc, niveau des stocks de gaz).
Un point important ressort des chiffres ci-dessus : le Cal27 (≈ 110 €/MWh) cote nettement plus cher que le Cal28 ou le Cal29 (≈ 60-67 €/MWh). Cette structure, dite de « déport » (backwardation), signale que le marché valorise une tension de court terme concentrée sur 2027, et non une hausse structurelle des prix sur toute la décennie. C’est une information précieuse pour arbitrer la durée de votre contrat.
Pourquoi cette flambée se concentre-t-elle sur 2027 ?
Plusieurs facteurs convergent à l’approche de l’hiver, sans qu’aucun ne soit à lui seul décisif :
- L’entrée dans la saison de chauffe. La demande d’électricité et de gaz grimpe mécaniquement en hiver. Le marché intègre à l’avance le risque d’une vague de froid et d’une pointe de consommation, ce qui gonfle la prime de risque sur les échéances proches.
- La fermeté du gaz. En France, le prix de l’électricité se forme souvent « à la marge » à partir des centrales au gaz lors des pointes. Or le marché à terme du gaz s’est lui aussi tendu sur la même période (le calendaire gaz 2027 a progressé d’environ 13 %), entraînant l’électricité à la hausse.
- L’incertitude sur l’offre. Toute interrogation sur la disponibilité du parc de production (maintenances, hydraulique, imports) en plein cœur de l’hiver ajoute une prime. C’est logiquement l’échéance 2027 — la plus proche — qui en absorbe l’essentiel, d’où un Cal27 décroché des années suivantes.
Pour un dirigeant, le message est clair : il ne s’agit pas d’une dérive durable des prix, mais d’un pic de nervosité saisonnier. La bonne réaction n’est donc ni de fixer dans la panique, ni d’attendre passivement.
Ce que ça change concrètement pour le contrat de votre entreprise
Rappelons que sur une facture d’électricité professionnelle, seule la part « fourniture » (le prix du kWh d’énergie) bouge avec les marchés. L’acheminement (TURPE) et les taxes sont, eux, fixés par la réglementation et n’ont rien à voir avec le Cal27. Comprendre cette décomposition est la base de tout arbitrage — nous l’avons détaillée dans notre guide du tarif d’électricité professionnel.
Concrètement :
- Si votre contrat arrive à échéance fin 2026 ou début 2027, vous achetez aujourd’hui une énergie dont le prix de gros a pris 13 % en une semaine. Chaque séance de hausse se traduit par quelques euros de plus par MWh dans votre futur prix fixe.
- Si vous êtes déjà en prix fixe pluriannuel, ce mouvement ne vous touche pas : c’est précisément l’intérêt d’avoir sécurisé. Vous pourrez en revanche arbitrer vos prochaines échéances à la lumière de cette volatilité.
- Si vous êtes en offre indexée (prix suivant le marché), votre budget est directement exposé à ce type de pic. Un point d’étape sur votre stratégie d’achat s’impose.
Comment sécuriser son achat sans se tromper de timing
Face à un marché nerveux, la pire décision est l’absence de décision. Voici la méthode que nous appliquons pour nos clients PME et ETI :
- Connaître son profil et son volume avant de négocier. On ne sécurise bien que ce que l’on a chiffré. Estimez d’abord le poids réel de l’énergie dans votre facture avec notre simulateur de facture d’électricité professionnelle : vous saurez combien un mouvement de 13 % sur la part fourniture représente en euros pour votre site.
- Lisser plutôt que « tout miser » sur une date. Fixer 100 % de son volume le jour d’un pic revient à figer le plus mauvais prix. Fractionner les achats (par tranches, ou via des « clics » successifs selon les offres) atténue le risque de timing.
- Choisir la bonne durée. Le déport du marché (Cal27 cher, Cal28/29 nettement moins) peut rendre pertinent un contrat plus long qui « dilue » l’année 2027 chère dans des années suivantes moins chères. Nous détaillons cet arbitrage dans notre analyse contrat d’électricité 1, 2 ou 3 ans : comment choisir la durée.
- Ne pas confondre marché et réglementation. Le « gel des prix » évoqué dans le débat public vise les tarifs réglementés des particuliers, pas les contrats de marché des entreprises — nous l’expliquons dans notre article sur le gel des prix de l’électricité pour les entreprises. Ne comptez pas dessus pour amortir la hausse du Cal27.
La question « faut-il fixer son contrat maintenant ? » n’a pas de réponse unique : elle dépend de votre exposition, de votre échéance et de votre tolérance au risque. C’est exactement le rôle d’un courtier — comparer les offres de plusieurs fournisseurs au bon moment et construire une stratégie d’achat adaptée. Découvrez notre approche sur la page courtage en énergie pour professionnels, et nos repères de méthode dans stratégies d’achat d’énergie pour les PME après l’ARENH.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le « Cal27 » exactement ?
Le Cal27 est un produit standardisé du marché de gros : il correspond à de l’électricité de base livrée en continu sur toute l’année 2027. C’est la référence qu’utilise votre fournisseur pour vous proposer un prix fixe sur 2027. Son évolution se répercute donc directement sur la part « fourniture » de votre futur contrat.
Pourquoi le prix 2027 monte-t-il plus que 2028 ou 2029 ?
Parce que la tension est de court terme : l’approche de l’hiver, la fermeté du gaz et les incertitudes sur l’offre pèsent surtout sur l’échéance la plus proche. Les années suivantes, moins exposées à ces aléas immédiats, restent nettement moins chères. Cette structure de « déport » est un indice que la hausse est conjoncturelle, pas structurelle.
Le gel des prix de l’électricité va-t-il protéger mon entreprise ?
Non. Les mesures de gel ou de bouclier portent sur les tarifs réglementés destinés aux particuliers. Les PME et ETI qui ont un contrat de marché ne sont pas concernées : votre prix dépend du marché de gros au moment où vous signez, pas d’un plafond réglementaire.
Faut-il fixer son prix maintenant ou attendre ?
Il n’y a pas de réponse unique. Fixer 100 % de son volume un jour de pic fige un mauvais prix ; attendre expose à une nouvelle hausse. La bonne pratique est de lisser ses achats en plusieurs tranches et de choisir une durée de contrat cohérente avec la structure du marché. Un courtier vous aide à arbitrer selon votre échéance et votre budget.
Une hausse de 13 % du marché = 13 % de facture en plus ?
Non, heureusement. Seule la part « fourniture » de la facture suit le marché de gros. L’acheminement (TURPE) et les taxes, qui pèsent une part importante du total, sont fixés par la réglementation. L’impact réel dépend donc du poids de l’énergie dans votre facture : notre simulateur permet de le chiffrer précisément pour votre site.
Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Sources : cotations à terme EEX (électricité et gaz, base), relevés des 13 et 16 octobre 2026 — consultées le 20 octobre 2026. Mis à jour en octobre 2026.
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