Fin de l’ARENH 2026 : quelles stratégies d’achat d’énergie pour les PME ?
Mis à jour en juin 2026 — six mois après la disparition de l’ARENH, premier bilan chiffré pour les dirigeants de PME et ETI.
Le 31 décembre 2025, l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) a définitivement disparu. Pendant treize ans, ce dispositif a garanti aux fournisseurs une part d’électricité nucléaire à 42 €/MWh, un socle qui amortissait mécaniquement la facture de chaque entreprise. En 2026, ce filet n’existe plus. Son remplaçant, le Versement Nucléaire Universel (VNU), devait prendre le relais : six mois plus tard, il n’a redistribué aucun euro aux consommateurs. Pour un dirigeant de PME ou d’ETI, la question n’est plus « que va-t-il se passer ? » mais « comment construire ma stratégie d’achat d’énergie maintenant que le prix de référence a disparu ? ». Cet article fait le point, chiffres officiels à l’appui, et détaille les leviers concrets à actionner.
La fin de l’ARENH : ce qui a réellement disparu au 31 décembre 2025
Instauré par la loi NOME de 2010, l’ARENH obligeait EDF à céder jusqu’à 100 TWh d’électricité nucléaire par an à ses concurrents, au prix régulé de 42 €/MWh. Concrètement, une part de votre contrat d’électricité — quel que soit votre fournisseur — était adossée à ce tarif plancher. Quand les prix de marché flambaient, l’ARENH jouait un rôle d’amortisseur : il plafonnait le coût de la « matière énergie » d’une fraction de votre consommation.
Au 1er janvier 2026, ce mécanisme s’est éteint comme la loi le prévoyait. Désormais, la totalité de la part énergie de votre contrat est exposée au marché de gros. Pour comprendre comment cette part s’articule avec l’acheminement et les taxes, consultez notre décryptage des contrats à prix spot, fixe ou variable. La conséquence immédiate : la visibilité de prix que l’ARENH garantissait, même partiellement, n’est plus assurée par aucun dispositif automatique.
Le VNU, son remplaçant : pourquoi il n’a rien rendu aux entreprises en 2026
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Le Versement Nucléaire Universel a été créé par l’article 17 de la loi de finances pour 2025 et codifié aux articles L. 337-3 à L. 337-3-6 du code de l’énergie. Issu de l’accord entre l’État et EDF de novembre 2023, il repose sur une logique différente de l’ARENH : au lieu de garantir un prix d’achat, il prévoit de reverser aux consommateurs une partie des revenus nucléaires d’EDF lorsque les prix de marché dépassent certains seuils.
Le mécanisme s’articule autour de deux seuils, fixés par le cadre réglementaire :
- En dessous de 78 €/MWh : EDF conserve l’intégralité de ses revenus, aucun versement n’est déclenché ;
- entre 78 et 110 €/MWh : 50 % des revenus excédentaires sont prélevés puis redistribués ;
- au-delà de 110 €/MWh : le taux de prélèvement monte à 90 %.
Le problème pour les entreprises : en 2026, les prix de gros sont restés nettement en dessous du premier seuil de 78 €/MWh. La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) l’a constaté dans sa délibération du 26 février 2026, et l’arrêté du 27 mars 2026 (publié au Journal Officiel du 29 mars) a fixé en conséquence le tarif unitaire de minoration du VNU à 0 €/MWh pour l’année 2026. Autrement dit : le « bouclier » censé remplacer l’ARENH existe sur le papier, mais il est resté dormant. Aucune compensation n’est parvenue aux PME.
Pour le détail du fonctionnement du VNU et de son impact sur votre contrat, nous avons publié un guide dédié : le Versement Nucléaire Universel expliqué pour les professionnels.
Combien la fin de l’ARENH coûte-t-elle concrètement à une PME ?
Pour objectiver l’impact, voici un chiffrage établi par DYNAMIS Énergie selon une méthodologie transparente. Il s’agit d’une estimation, et non d’une donnée réglementaire — chaque entreprise doit la rapporter à son profil réel.
Profil retenu : une PME tertiaire ou industrielle légère consommant 100 MWh/an. La part de l’approvisionnement historiquement adossée à l’ARENH pour ce type de profil représentait environ 25 à 30 % du volume, soit 25 à 30 MWh. La référence de prix visée par l’accord EDF-État de novembre 2023 pour l’électricité nucléaire se situe autour de 70 €/MWh, contre 42 €/MWh sous l’ARENH, soit un écart d’environ 28 €/MWh.
Calcul : 25 à 30 MWh × 28 €/MWh ≈ 700 à 840 €/an de surcoût brut. Après prise en compte du mix d’approvisionnement réel et du repli des prix de gros constaté en 2026, nous retenons une fourchette nette de 600 à 700 €/an pour une PME de ce profil. À l’échelle d’une ETI consommant plusieurs GWh, l’impact se chiffre en dizaines de milliers d’euros — sans qu’aucun dispositif public ne vienne le compenser aujourd’hui.
« L’ARENH garantissait à chaque entreprise une part d’électricité à 42 €/MWh. En 2026, ce socle a disparu, et le filet de sécurité censé le remplacer — le VNU — n’a pour l’instant rien rendu : les prix de gros sont restés sous le premier seuil de déclenchement de 78 €/MWh, si bien que l’arrêté du 27 mars 2026 a fixé le versement à zéro. Concrètement, une PME consommant 100 MWh par an absorbe 600 à 700 € de surcoût annuel qu’aucun dispositif public ne compense. La bonne nouvelle, c’est que ce surcoût se pilote : c’est désormais la qualité de la stratégie d’achat qui fait la différence. »
— Lucas Charlier, courtier en énergie B2B, DYNAMIS Énergie
Cinq stratégies d’achat d’énergie pour les PME après l’ARENH
La disparition de l’ARENH ne signifie pas une fatalité de hausse. Elle déplace l’enjeu : ce n’est plus un dispositif réglementaire qui protège votre facture, mais votre stratégie contractuelle. Voici les cinq leviers les plus efficaces pour les PME et ETI.
1. Sécuriser un contrat pluriannuel à prix fixe
Signer un contrat sur 3 à 5 ans permet de figer le prix de la part énergie et de retrouver la visibilité budgétaire que l’ARENH apportait. C’est le levier le plus direct pour les entreprises qui privilégient la stabilité, à condition de fixer au bon moment du cycle de marché.
2. Acheter par tranches (lissage temporel)
Plutôt que de fixer 100 % de son volume à une seule date, l’achat par tranches consiste à sécuriser progressivement sa consommation sur plusieurs échéances. Cette approche, longtemps réservée aux grands comptes, devient pertinente pour les ETI exposées à la volatilité du marché de gros.
3. Rejoindre un groupement d’achat
Mutualiser ses volumes avec d’autres entreprises augmente le poids de négociation face aux fournisseurs et permet d’accéder à des conditions normalement réservées aux gros consommateurs. Un courtier peut structurer ou intégrer votre entreprise dans un groupement adapté à votre profil.
4. Étudier un PPA (Power Purchase Agreement)
Pour les profils éligibles, le contrat d’achat direct d’électricité renouvelable auprès d’un producteur (PPA) offre un prix de long terme décorrélé du marché de gros. C’est une option à instruire sérieusement pour les ETI à forte consommation et engagées dans une démarche bas-carbone.
5. Confier le pilotage à un courtier en énergie
Le point commun de ces leviers : ils exigent une lecture fine du marché de gros et un timing précis. C’est précisément le métier d’un courtier en énergie pour entreprises, qui compare les offres, négocie pour votre compte et déclenche la fixation au bon moment. Au moment du renouvellement de votre contrat, lancer une véritable consultation des fournisseurs est le réflexe qui sécurise le meilleur prix dans ce nouveau contexte.
Faut-il agir maintenant ?
Oui. Avec la fin de l’ARENH, chaque mois sans stratégie d’achat structurée expose votre entreprise au plein marché de gros, sans amortisseur. La volatilité observée depuis le début 2026 rend le timing de fixation déterminant : surveillez de près l’évolution du prix de l’électricité professionnelle et préparez votre consultation en amont de l’échéance de votre contrat. Anticiper de 6 à 12 mois reste la meilleure protection.
Questions fréquentes
Quand l’ARENH a-t-il pris fin exactement ?
L’ARENH a pris fin le 31 décembre 2025, conformément au calendrier prévu par la loi NOME. Depuis le 1er janvier 2026, plus aucune part d’électricité n’est cédée par EDF à 42 €/MWh.
Le Versement Nucléaire Universel compense-t-il la fin de l’ARENH en 2026 ?
Non. En 2026, le tarif unitaire de minoration du VNU a été fixé à 0 €/MWh par l’arrêté du 27 mars 2026, car les prix de gros sont restés sous le premier seuil de déclenchement de 78 €/MWh. Aucun versement n’a donc été reversé aux entreprises cette année.
Combien la fin de l’ARENH coûte-t-elle à une PME ?
Selon le chiffrage de DYNAMIS Énergie, une PME consommant 100 MWh/an supporte un surcoût estimé entre 600 et 700 €/an, lié à la perte de la part d’électricité historiquement adossée à l’ARENH à 42 €/MWh. L’impact réel dépend du profil de consommation et du contrat de chaque entreprise.
Quelle stratégie d’achat adopter sans l’ARENH ?
Les leviers les plus efficaces sont le contrat pluriannuel à prix fixe, l’achat par tranches, le groupement d’achat, le PPA pour les profils éligibles, et le pilotage par un courtier qui déclenche la fixation au bon moment du marché.
Le prix de l’électricité va-t-il augmenter à cause de la fin de l’ARENH ?
La fin de l’ARENH supprime un amortisseur, mais le prix final dépend surtout du marché de gros et de votre stratégie de fixation. Une entreprise bien accompagnée peut neutraliser une grande partie du surcoût en sécurisant son prix au bon moment.
Sécurisez votre stratégie d’achat post-ARENH
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Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Sources primaires consultées le 16 juin 2026 : code de l’énergie, art. L. 337-3 à L. 337-3-6 (Légifrance) ; arrêté du 27 mars 2026 fixant le tarif unitaire de minoration du VNU pour 2026 (JORFTEXT000053728172, JO du 29/03/2026) ; décret n° 2026-55 du 4 février 2026 relatif au versement nucléaire universel ; délibération CRE du 26 février 2026 et page CRE « VNU – Estimation des revenus nucléaires d’EDF ». Mis à jour en juin 2026.
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