Mis à jour en octobre 2026 — intègre la grille TURPE 7 entrée en vigueur le 1er août 2026 (délibération CRE n°2026-105 du 21 mai 2026).
La puissance souscrite est l’un des rares postes de votre facture d’électricité sur lequel vous gardez la main, année après année. Trop basse, elle vous expose à des pénalités de dépassement ; trop haute, elle vous fait payer chaque mois une capacité que vous n’utilisez jamais. Entre les deux, il existe un point de réglage optimal — et sur un site industriel ou tertiaire raccordé en forte puissance, l’écart entre un dimensionnement au jugé et un dimensionnement maîtrisé se chiffre en milliers d’euros par an. Voici comment la calibrer au plus juste pour payer le juste TURPE.
Qu’est-ce que la puissance souscrite et pourquoi elle pèse sur votre facture
La puissance souscrite est la puissance maximale, exprimée en kVA (basse tension) ou en kW (haute tension), que vous vous engagez à ne pas dépasser sur votre point de livraison. C’est elle qui dimensionne votre raccordement au réseau et, surtout, c’est elle qui détermine une partie fixe de votre facture : la part puissance de la composante de soutirage du TURPE (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité).
Concrètement, le TURPE total côté consommateur dépend de deux variables : la puissance souscrite (kVA/kW) et l’énergie consommée (kWh). La première se paie que vous consommiez ou non : c’est un abonnement réseau proportionnel à la capacité que vous réservez. C’est pourquoi une puissance souscrite mal calibrée dégrade mécaniquement le coût de votre acheminement, indépendamment de vos efforts sur la consommation.
Cette part puissance s’ajoute à l’abonnement de votre fournisseur et aux autres composantes du réseau. Pour comprendre comment ces briques s’emboîtent, notre guide des composantes du TURPE (soutirage, gestion, comptage) détaille chaque ligne.
Comment la puissance souscrite est facturée dans le TURPE 7
💡 Réduisez vos factures de 15 à 25 %
Audit sous 48 h, sans engagement, aucun coût pour votre structure.
Depuis le 1er août 2026, la grille TURPE 7 s’applique, en hausse de 3,04 % sur le domaine HTA-BT (délibération CRE n°2026-105 du 21 mai 2026). La part puissance se calcule en appliquant un coefficient pondérateur b à la puissance souscrite.
- En BT ≤ 36 kVA (la majorité des commerces, bureaux et petits ateliers) : la part puissance du tarif à 4 plages temporelles s’élève, en option courte utilisation, à 10,42 €/kVA/an sur la période du 1er août 2026 au 31 juillet 2027 (et 12,49 €/kVA/an en moyenne utilisation). Chaque kVA souscrit en trop coûte donc une dizaine d’euros par an, inutilement.
- En HTA et BT > 36 kVA (sites industriels, grandes surfaces, ETI) : vous ne souscrivez pas une seule puissance, mais une puissance par plage temporelle. Le tarif HTA à 5 plages à pointe fixe applique ainsi, en courte utilisation, un coefficient de part puissance dégressif selon la plage : de 14,85 €/kW/an sur les heures de pointe et les heures de saison haute à 11,56 €/kW/an sur les heures creuses de saison basse. Vous pouvez donc moduler finement la capacité réservée saison par saison.
Ce système par plages est un levier d’optimisation majeur pour les sites en forte puissance : une entreprise dont l’activité est très saisonnière n’a aucun intérêt à réserver sa puissance de pointe toute l’année. Encore faut-il connaître précisément son profil de soutirage — c’est là qu’intervient l’analyse de la courbe de charge.
Sous-dimensionner ou sur-dimensionner : les deux erreurs qui coûtent cher
Le dimensionnement de la puissance souscrite est un arbitrage entre deux risques symétriques.
Sous-dimensionner, c’est risquer le dépassement. Dès que votre puissance appelée franchit la puissance souscrite, une pénalité s’applique : la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite (CMDPS). En BT > 36 kVA, elle est facturée à hauteur de 12,79 € par heure de dépassement au 1er août 2026 (CRE n°2026-105). Sur un site qui dépasse régulièrement en hiver, l’addition grimpe vite — sans compter le risque de coupure. Le mécanisme exact et les plafonds sont détaillés dans notre article sur le dépassement de puissance souscrite et le coût du CMDPS.
Sur-dimensionner, c’est l’erreur inverse, plus discrète mais tout aussi coûteuse : vous payez chaque année une part puissance calculée sur une capacité que vous n’atteignez jamais. C’est fréquent après un changement d’activité, le remplacement d’équipements énergivores par des modèles plus sobres, ou simplement parce que la puissance a été fixée « avec de la marge » lors du raccordement et jamais revue depuis.
Le bon réglage se situe juste au-dessus de votre pointe de consommation réelle, avec une marge de sécurité raisonnable — ni gaspillage de capacité, ni exposition aux pénalités.
La méthode pour dimensionner sa puissance souscrite au plus juste
Dimensionner correctement sa puissance souscrite suit une logique en quatre étapes.
- Récupérez votre courbe de charge. Votre compteur communicant (Linky en BT, compteur HTA) enregistre votre puissance appelée au pas 10 minutes. Ces données, accessibles via votre gestionnaire de réseau ou votre fournisseur, sont la matière première du dimensionnement.
- Identifiez vos pointes réelles. Repérez les maxima de puissance appelée, leur fréquence et leur saisonnalité. Une pointe exceptionnelle une fois par an ne justifie pas la même souscription qu’une pointe récurrente chaque matin d’hiver.
- Simulez plusieurs scénarios de souscription. Comparez le surcoût d’une puissance plus basse (pénalités CMDPS probables) au coût d’une puissance plus haute (part puissance payée en continu). L’optimum est le scénario au coût total le plus faible.
- Exploitez les plages temporelles si vous êtes en HTA ou BT > 36 kVA : ajustez la puissance réservée saison par saison pour coller à votre activité.
Pour une première estimation du poids de l’acheminement dans votre facture, vous pouvez utiliser notre simulateur TURPE 7, qui calcule la composante d’acheminement à partir de votre puissance et de votre consommation.
BT ≤ 36 kVA, BT > 36 kVA, HTA : ce qui change selon votre raccordement
La marge de manœuvre dépend directement de votre domaine de tension :
- BT ≤ 36 kVA : vous souscrivez une puissance unique (par palier de kVA). Le levier principal est de la ramener au plus près de votre pointe réelle. Depuis le TURPE 7, le tarif BT à 4 plages temporelles ouvre en plus une saisonnalisation des heures pleines et creuses (saison haute / saison basse), à exploiter selon votre profil.
- BT > 36 kVA : vous entrez dans la logique des puissances par plage temporelle, avec une part puissance facturée par plage et le mécanisme CMDPS en cas de dépassement.
- HTA (raccordement moyenne tension) : la souscription se fait sur 5 plages temporelles à pointe fixe, avec des coefficients de part puissance différenciés. C’est le domaine où l’optimisation du dimensionnement est la plus fine — et la plus rentable.
Le choix du type de contrat d’acheminement (CARD ou contrat unique) influe aussi sur votre relation au réseau : notre comparatif CARD ou contrat unique éclaire cette décision pour les sites en forte puissance.
Quand et comment réviser sa puissance souscrite
La puissance souscrite n’est pas gravée dans le marbre. Vous pouvez demander sa modification à votre gestionnaire de réseau, via votre fournisseur ou votre courtier. Les occasions à ne pas manquer :
- un changement de process ou d’équipements (nouvelle ligne de production, relamping LED, pompe à chaleur, bornes de recharge) qui modifie votre profil de puissance ;
- un renouvellement ou une renégociation de contrat, moment idéal pour auditer l’ensemble de vos paramètres ;
- des dépassements récurrents constatés sur vos factures (signe d’un sous-dimensionnement) ;
- une part puissance élevée pour une consommation modeste (signe d’un sur-dimensionnement).
Un audit annuel du couple puissance souscrite / consommation réelle fait partie des optimisations de base que mène un courtier en énergie. Il s’inscrit dans une lecture complète du coût réel de l’énergie par profil de consommation, où l’acheminement pèse souvent plus que l’énergie elle-même.
Questions fréquentes
Puissance souscrite en kVA ou en kW : quelle différence ?
Les sites en basse tension (BT) souscrivent leur puissance en kVA (puissance apparente), tandis que les sites raccordés en haute tension (HTA) la souscrivent en kW (puissance active). La distinction vient de la prise en compte, en BT, de l’énergie réactive appelée par certains équipements.
Que se passe-t-il si je dépasse ma puissance souscrite ?
En BT > 36 kVA et en HTA, le dépassement déclenche la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite (CMDPS), facturée 12,79 € par heure de dépassement depuis le 1er août 2026 (CRE n°2026-105). En BT ≤ 36 kVA avec compteur communicant, un dépassement prolongé peut aussi entraîner une coupure.
Puis-je modifier ma puissance souscrite en cours de contrat ?
Oui. La puissance souscrite se modifie sur demande auprès du gestionnaire de réseau, via votre fournisseur ou votre courtier. Une baisse est généralement simple ; une hausse importante peut nécessiter une intervention technique si elle dépasse la capacité de votre raccordement actuel.
Comment savoir si ma puissance souscrite est trop élevée ?
Comparez votre puissance maximale réellement appelée (lisible sur votre courbe de charge) à votre puissance souscrite. Si vous n’atteignez jamais, même en pointe, un pourcentage significatif de la puissance souscrite, vous payez une capacité inutile et pouvez la réduire.
La puissance souscrite influence-t-elle le prix du kWh ?
Non directement : elle pèse sur la part fixe de l’acheminement (part puissance du TURPE) et sur l’abonnement, pas sur le prix unitaire de l’énergie. Mais un sur-dimensionnement augmente votre coût complet du MWh livré, car vous répartissez une part fixe plus lourde sur votre consommation.
Vérifiez gratuitement si votre puissance souscrite est bien calibrée
Chez DYNAMIS Énergie, nous auditons le couple puissance souscrite / consommation réelle de votre site à partir de votre courbe de charge, et nous chiffrons l’économie atteignable sur votre acheminement. Un diagnostic sans engagement qui révèle souvent plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros par an.
Appelez-nous au 02 38 43 35 67 ou demandez votre analyse de facture gratuite.
Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Sources primaires : Commission de régulation de l’énergie — délibération n°2026-105 du 21 mai 2026 (évolution du TURPE 7 HTA-BT au 1er août 2026, grilles part puissance et CMDPS), consultée le 6 octobre 2026. Mis à jour en octobre 2026.
Nos guides pour les professionnels
DYNAMIS ÉNERGIE
