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Prix des CEE en 2026-2030 : faut-il vendre vos certificats maintenant ou attendre la periode 6 ?

Valeur et prix des CEE en periode 6 pour les entreprises PME et ETI

Mis à jour en juillet 2026 — analyse de la valeur des CEE à l’entrée de la 6e période (P6).

Prix des CEE en 2026-2030 : faut-il vendre vos certificats maintenant ou attendre la période 6 ?

Votre entreprise a engagé des travaux d’efficacité énergétique — isolation, pompe à chaleur, récupération de chaleur fatale, motorisation performante — et détient (ou va détenir) des Certificats d’Économies d’Énergie sur son compte au registre national. Se pose alors une question purement financière, distincte du montage technique du dossier : faut-il céder ces CEE maintenant, ou attendre que la 6e période tende le marché ? Depuis le 1er janvier 2026, les règles du jeu ont changé. Voici comment raisonner en dirigeant, avec les bons repères de marché.

Valeur et prix des CEE en période 6 pour les entreprises PME et ETI

Un CEE, ça vaut combien — et qui fixe le prix ?

Un CEE n’a pas de prix administré : c’est un actif qui s’échange de gré à gré entre obligés (les vendeurs d’énergie, tenus par la loi d’atteindre un quota d’économies) et détenteurs (dont les entreprises ayant réalisé des travaux). Le prix résulte donc de l’offre et de la demande, comme sur n’importe quel marché.

La référence publique est le registre national EMMY (emmy.fr), qui publie chaque mois le prix moyen pondéré des transferts réellement enregistrés. C’est l’indicateur à surveiller : il ne s’agit pas d’un cours coté en continu, mais d’une moyenne mensuelle qui reflète les transactions passées. En 2026, ce prix évolue dans une fourchette de quelques euros par MWh cumac (MWhc) ; le montant réellement encaissé par une entreprise dépend du volume, du profil de l’opération (classique ou précarité) et de la négociation. Avant toute décision, consultez le cours du mois sur emmy.fr plutôt qu’une estimation datée.

Deux notions à ne pas confondre :

  • CEE « classiques » : issus de la plupart des opérations standard.
  • CEE « précarité énergétique » : générés par des opérations au bénéfice de ménages en précarité, historiquement mieux valorisés car l’obligation précarité est plus tendue.

Ce que la période 6 change pour la valeur de vos certificats

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La 6e période (P6) court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030. Le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 en fixe le cadre. Deux paramètres pèsent directement sur le prix des CEE.

1. Une obligation en forte hausse : +27 %

La P6 porte l’obligation totale à 5 250 TWh cumac sur cinq ans, soit 1 050 TWhc par an — dont 280 TWhc par an au titre de la précarité énergétique. C’est une hausse de 27 % par rapport à la période 2023-2025. Mécaniquement, les obligés doivent « livrer » beaucoup plus de certificats : la demande structurelle augmente, ce qui soutient les prix à moyen terme.

2. Mais l’offre de certificats augmente aussi

Le décret élargit et rehausse les obligations, y compris pour de nouveaux acteurs. Davantage d’obligés et des barèmes revus signifient aussi plus d’opérations financées, donc plus de CEE émis. Autrement dit, la demande grimpe, mais l’offre suit. Le prix ne monte donc pas mécaniquement : il dépend du rythme réel auquel obligés et opérateurs déposent leurs dossiers sur la période.

Deux garde-fous fixés par le décret encadrent par ailleurs le marché : les programmes (précarité, mobilité, formation…) sont plafonnés à 500 TWhc sur la période, et tout CEE délivré à compter du 1er janvier 2026 est automatiquement annulé douze ans après son émission. Cette péremption à 12 ans est un point clé pour un détenteur : un CEE n’est pas un actif que l’on conserve indéfiniment.

Dirigeant PME analysant la décision de vendre ses CEE en 2026

Vendre maintenant ou attendre : la grille de décision

Il n’existe pas de réponse universelle — la bonne décision dépend de votre trésorerie, de votre horizon et de votre tolérance au risque de marché. Voici les arguments de chaque camp.

Arguments pour vendre rapidement

  • Sécuriser la trésorerie : la prime CEE finance une partie de l’investissement. Encaisser vite améliore le retour sur investissement du projet et évite de porter un actif volatil au bilan.
  • Éviter le risque de marché : le prix des CEE peut baisser si l’offre se déverse plus vite que la demande, comme lors des transitions de période passées.
  • Ne pas se laisser rattraper par la péremption : l’horloge des 12 ans tourne dès l’émission.

Arguments pour attendre

  • La demande structurelle est haussière : l’obligation +27 % de la P6 pousse les obligés à acheter davantage sur cinq ans.
  • Un début de période souvent sous tension : en démarrage de période, les opérations éligibles ne montent pas encore en cadence, ce qui peut soutenir les prix.
  • Optimiser le mix classique / précarité si votre portefeuille comporte des certificats précarité mieux valorisés.

Notre lecture chez DYNAMIS : pour une PME ou une ETI, le CEE est d’abord un outil de financement de projet, pas un placement spéculatif. La règle de bon sens est de valoriser les certificats au moment où ils bouclent le plan de financement des travaux, en vérifiant le cours EMMY du mois et en mettant plusieurs obligés en concurrence. Spéculer sur une hausse de quelques pourcents fait rarement le poids face au risque de marché et à la mobilisation de trésorerie — sauf volumes importants et pilotage actif.

Cas type : une ETI industrielle avec un projet de récupération de chaleur

Une ETI de l’agroalimentaire monte un dossier CEE industriel (par exemple via la fiche IND-UT-137 en 6e période) qui génère un volume conséquent de kWhc. Deux stratégies :

  • Vente immédiate à la validation : la prime réduit le coût net de l’installation dès l’année de mise en service, améliorant le TRI affiché au comité d’investissement.
  • Portage partiel : céder une partie pour sécuriser le financement, conserver le solde si la trésorerie le permet et si l’on anticipe une tension de marché — en gardant l’échéance des 12 ans à l’esprit.

Dans les deux cas, le facteur décisif n’est pas de « deviner » le prix, mais de négocier plusieurs offres d’obligés en parallèle : l’écart entre le premier prix reçu et le meilleur prix négocié dépasse souvent la variation attendue du marché sur plusieurs mois.

Questions fréquentes

Où voir le prix officiel des CEE ?

Le registre national EMMY (emmy.fr) publie chaque mois le prix moyen pondéré des transferts de CEE. C’est la référence publique. Attention : c’est une moyenne mensuelle des transactions passées, pas un cours coté en temps réel, et le prix réellement encaissé dépend du volume et du profil de vos certificats.

La période 6 va-t-elle faire monter le prix des CEE ?

La P6 (2026-2030) relève l’obligation de 27 % (5 250 TWhc, soit 1 050 TWhc par an), ce qui soutient la demande. Mais elle élargit aussi les obligés et les opérations éligibles, donc l’offre de certificats augmente en parallèle. La hausse n’est pas automatique : elle dépend du rythme réel de dépôt des dossiers.

Un CEE peut-il perdre toute valeur avec le temps ?

Oui. Le décret n° 2025-1048 prévoit que tout CEE délivré à compter du 1er janvier 2026 est automatiquement annulé douze ans après son émission. Conserver des certificats trop longtemps expose donc à un risque de péremption, en plus du risque de baisse de marché.

Faut-il vendre ses CEE dès la validation du dossier ?

Pour la plupart des PME et ETI, oui : le CEE finance le projet de travaux, il n’a pas vocation à être conservé comme un placement. Valoriser au bouclage du plan de financement, en mettant plusieurs obligés en concurrence, sécurise le retour sur investissement. Le portage n’a de sens que sur de gros volumes, avec de la trésorerie disponible et un pilotage actif.

CEE classiques et CEE précarité ont-ils la même valeur ?

Non. Les CEE précarité, générés par des opérations au bénéfice de ménages en situation de précarité énergétique, sont historiquement mieux valorisés car l’obligation précarité (280 TWhc par an en P6) est plus tendue. Si votre portefeuille en comporte, distinguez-les dans votre stratégie de cession.

En résumé

La valeur d’un CEE se lit sur le registre EMMY, mois après mois. La période 6 crée une demande structurellement plus forte (+27 %), mais l’offre suit : personne ne peut garantir une hausse. Pour une PME ou une ETI, la décision rationnelle consiste le plus souvent à valoriser les certificats au moment où ils financent le projet, en négociant activement, plutôt qu’à parier sur le marché — sans oublier que l’actif se périme à 12 ans.

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Pour aller plus loin : Obligations CEE Période 6 (2026-2030) · CEE tertiaire 2026 · Guide CEE entreprise.

Article rédigé par Lucas Charlier, Courtier en Énergie B2B chez DYNAMIS Énergie. Sources primaires : décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la 6e période des CEE (Légifrance, JORFTEXT000052486193, consulté le 15/07/2026) ; registre national EMMY (emmy.fr). Mis à jour en juillet 2026.

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